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Les médecins libéraux obtiennent des engagements du gouvernement
information fournie par AFP 16/01/2026 à 22:37

Les syndicats de médecins libéraux ont obtenu du gouvernement des engagements de retrait de mesures contestées et une promesse de "renouer le dialogue" ( AFP / Charly TRIBALLEAU )

Les syndicats de médecins libéraux ont obtenu du gouvernement des engagements de retrait de mesures contestées et une promesse de "renouer le dialogue" ( AFP / Charly TRIBALLEAU )

Après dix jours d'une grève qui a perturbé le système de santé sans le mettre à l'arrêt, les syndicats de médecins libéraux ont "suspendu" leur mouvement, après avoir obtenu du gouvernement des engagements de retrait de mesures contestées et une promesse de "renouer le dialogue".

"Nous suspendons" le mouvement de grève, a indiqué à l'AFP le docteur Franck Devulder, président du syndicat CSMF, après une réunion de l'intersyndicale qui regroupait notamment les six syndicats de médecins libéraux représentatifs.

"Mais nous disons aussi +plus jamais cela, plus jamais d'attaques en règle contre la médecine libérale", a-t-il ajouté. "Sinon le mouvement recommencera".

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui affronte dimanche une législative partielle dans le Loiret, a récapitulé vendredi dans une lettre aux syndicats et dans un communiqué de presse les engagements pris pour mettre fin au conflit.

Ainsi, le gouvernement s'engage à supprimer dans l'actuel projet de loi contre la fraude fiscale et sociale le caractère obligatoire de la "mise sous objectifs" par l'Assurance maladie des médecins qui sur-prescrivent des arrêts de travail par rapport à leurs confrères et consoeurs en situation comparable.

Cette "mise sous objectifs" (une réduction de 30% du volume d'indemnités journalières prescrites par exemple) conserverait un caractère non-obligatoire, le médecin pouvant à la place choisir un contrôle systématique de ses prescriptions par le médecin conseil de l'Assurance maladie.

Mme Rist s'est aussi engagée à "proposer une suppression des mesures permettant une baisses unilatérale des tarifs" par le gouvernement sur demande de l'Assurance maladie, un autre chiffon rouge pour les médecins.

Ces dispositions votées par amendement parlementaire dans le budget de la Sécu 2026 seront abrogées par "le prochain vecteur législatif qui le permettra".

- Revoir les tarifs de l'imagerie -

La ministre s'est aussi engagée à "relancer des discussions" avec les syndicats sur les tarifs de l'imagerie pour revenir sur certaines baisses tarifaires programmées, "à condition de conserver le niveau d'économie prévu" pour l'Assurance maladie (300 millions d'euros).

Sur le cumul emploi-retraite, elle promet de la rendre plus favorable pour les médecins "exerçant en zones sous-denses".

En revanche, la suppression du remboursement par l'Assurance maladie des prescriptions des médecins en secteur 3 (praticiens non conventionnés aux consultations non remboursées) sera maintenue.

Pour M. Devulder, les syndicats de médecins libéraux pourraient relancer la grève notamment en cas d'adoption par le Parlement de l'une des deux propositions de loi visant à réguler l'installation des médecins, la proposition de loi Garot (votée en première lecture par l'Assemblée nationale) et la proposition de loi Mouillé (votée en première lecture par le Sénat).

Les syndicats restent aussi vigilants sur les conditions d'accueil et de rémunération des docteurs juniors, ces internes en quatrième année de médecine générale appelés à venir renforcer les généralistes dans les territoires sous-dotés à partir de novembre 2026.

Une réunion sur le sujet avec les représentants des internes est prévue lundi au ministère de la Santé, selon les syndicats.

Le niveau de participation à la grève entre le 5 et le 15 janvier reste difficile à mesurer.

L'Assurance maladie a vu baisser d'un peu plus de 13% le nombre de feuilles de soins télétransmises sur la période de grève (hors samedi et dimanche et jeudi 15), selon des données de l'institution compilées par l'AFP.

Le facteur neige a probablement joué aussi dans cette baisse la première semaine, en perturbant les déplacements.

La grève a en tout cas eu un impact certain sur les urgences des hôpitaux publics, dont le traditionnel engorgement hivernal dû aux épidémies a été aggravé, avec des patients ne trouvant plus de réponse en médecine de ville.

Le syndicat de médecins urgentistes Samu Urgences de France a de nouveau tiré la sonnette d'alarme vendredi: "augmentation de 24% de l'activité des Samu-SAS (service d'accès aux soins) qui se maintient en début d'année, services d'urgences saturés en continu (...) multiplication des plans blancs...", ce dispositif permettant notamment le rappel de soignants en repos, ou la déprogrammation de soins non-urgents.

"Les conditions d’exercice" aux urgences "sont indignes et les conséquences sont majeures: événements indésirables graves, décès sur brancards, perte de chance des patients, épuisement physique et psychique des équipes, fuite des professionnels et perte d’attractivité d’une spécialité incontournable", a fustigé le syndicat.

2 commentaires

  • 16 janvier 23:29

    Oui, enfin des médecins "libéraux" grassement payés par la Sécu... Pas sûr qu'il y ait autant de suicides chez eux !


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